Kursaal 11/11/06

Un art martial dans un gant de boxe

Sport ultra violent pour les non-initiés, recherche de la vérité pour les combattants, le K-1 ne laisse personne indifférent. Malgré les apparences, ce tournoi qui regroupe de multiples disciplines de combat est un subtil mélange de techniques, de stratégie et de respect.


Le K-1, qui apparaît souvent comme un sport violent pour brutes en mal de combat, ne parvient pas à se débarrasser de cette réputation qui lui colle à la peau. Peu de personnes connaissent réellement cette discipline régie par l’esprit martial et le respect, deux notions qui règnent sur le ring. « Le K-1 est un sport brutal mais pas un sport de brutes même si certains aiment entretenir une image de bad boy, souligne Géraud Genty, qui connaît bien le sujet puisqu’il le pratique. L’éthique est très importante. Les combattants recherchent avant tout l’authenticité et la vérité. »

 

Le K-1 Grand Prix n’est pas un sport à part entière mais une succession de tournois qualificatifs qui permettent d’accéder à la grande finale. Créé en 1992 par le Japonais Kazuyoshi Ishii, maître en karaté Seido Kaikan, le K-1 est un tournoi qui rassemble des sports de combat et des arts martiaux. Les points communs ? L’utilisation des pieds et des poings et la lettre K qui inaugure le nom de la majorité des disciplines : karaté, kick boxing, kung-fu, kenpokan, kakutogi, kyo ku shin kai (ou Voie de la vérité ultime)…

 

« Certaines disciplines, comme le kick boxing et le kyo ku shin kai, se sont révélées particulièrement efficaces en K-1, poursuit Géraud Genty. L’objectif du match est le K.-O. Le K-1 est un peu la F1 des sports de combat. » Force et rapidité sont décuplées. Les matchs sont spectaculaires. Chaque année, la grande finale se déroule à Tokyo, le 1er dimanche de décembre, et rassemble une foule impressionnante : jusqu’à 120 000 paires d’yeux rivés sur le ring et autant de voix prêtes à soutenir les combattants de K-1, véritables stars au Japon. 

 

Ce sont les Néerlandais qui dominent : onze finales remportées sur quatorze. « Mieux vaut être grand, explique Géraud Genty. La taille minimum est généralement d’1 m 90, certains mesurent jusqu’à 2 m 20 pour 200 kg. » De quoi donner à réfléchir avant de s’engager dans cette discipline plutôt destinée aux poids lourds et à la gent masculine. Le mariage de la force et de l’esprit est indispensable pour à la fois maîtriser la technique tout en élaborant une tactique qui déstabilisera un adversaire de taille…

 

 


 

 Géraud Genty, la force tranquille

Lorsque Géraud Genty, du haut de ses 1 m 95, fait une démonstration de coup de pied, version kick boxing, le silence et le respect s’imposent immédiatement. On sait tout de suite qu’il vaut mieux faire partie de ses amis. Pourtant, ce jeune combattant de 24 ans porte bien son nom. Calme et résolu, il a décidé de se lancer dans une aventure : organiser un tournoi fidèle à l’esprit du K-1, à Dunkerque.

 

- Comment as-tu rencontré le K-1 ?

J’ai commencé par pratiquer le jiu-jitsu à douze ans, à Dunkerque. Plus je grandissais, plus je me demandais si ce sport serait vraiment efficace si je tombais dans la rue sur un boxeur ou un judoka. C’est pour cela que je me suis dirigé vers une discipline plus dure où c’est le meilleur qui l’emporte. Je voulais apprendre à recevoir des coups tout en recherchant des frappes efficaces et adaptées à la puissance de mon adversaire. Je connaissais le K-1 depuis longtemps mais je suis vraiment entré dans le circuit lorsque j’ai été sous contrat professionnel avec la FSPU (Fédération européenne de K-1).

 

- As-tu déjà dû te battre dans la rue ?

Très rarement ! Cela m’est arrivé une fois en sortant du cinéma. Mais deux coups de pied bien placés dans les jambes ont suffi à stopper net mon adversaire sans aucune séquelle, ce qui évite tout problème juridique. Cette petite démonstration a été très dissuasive. Le combat de rue et le combat sur le ring n’ont rien à voir : dans la rue, il faut être rapide, explosif. Sur le ring, comme l’adversaire est chevronné, il faut savoir élaborer une stratégie.

 

- Finalement, quel sport pratiques-tu ?

Pour simplifier, je me définis comme kick boxeur. En réalité, j’ai une mentalité de karatéka et j’utilise les techniques de kick boxing. Je pioche des techniques dans différents sports de combat, ce qui me permet d’évoluer. Je m’entraîne trois heures par jour, en autodidacte, et je vais aussi m’entraîner aux Pays-Bas et à Paris.


 - Pourquoi organiser un tournoi de K-1 à Dunkerque ?

Ce tournoi apporterait une discipline nouvelle à Dunkerque qui est réputée être la ville la plus sportive de France. C’est aussi l’occasion de faire découvrir le K-1 aux Dunkerquois et d’abattre quelques préjugés au passage. Un tel tournoi relancerait l’engouement dans les clubs et offrirait un vrai spectacle, original et inédit, auquel de grands combattants de classe mondiale participeraient. Un vrai show en perspective dont les bénéfices permettraient l’achat de jeux pour les enfants hospitalisés.

Mardi 20 juin 2006

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Par K-1 - Publié dans : Règles
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